POURQUOI REENSAUVAGER ?

Vous comme nous connaissons les chiffres par cƓur et, parfois, ce cƓur a peine Ă  battre sans bondir dans notre poitrine Ă  leur seule Ă©vocation. Pour notre part, bien plus que le nombre de particules par millions dans l’atmosphĂšre, que la dangerositĂ© du mĂ©thane par rapport au CO2, ou encore la taille du 7Ăšme continent de plastique, c’est l’idĂ©e que le monde sauvage soit en train de disparaĂźtre au profit d’un monde domestiquĂ©, anthropisĂ©, aseptisĂ©, qui nous empĂȘche de respirer.

Une fois croisĂ© ce mot, “solastalgie”, nous l’avons fait nĂŽtre : peut-ĂȘtre ĂȘtes-vous, vous aussi, pris d’une profonde tristesse, voire de dĂ©tresse psychique, en observant le monde autour de vous se dĂ©grader. La quĂȘte vaine d’un objet que nous voyons fondre comme neige au soleil.

Amis lecteurs, partagez-vous notre dĂ©sarroi quant au fait que nous malmenions ainsi la seule infime pellicule de vie connue Ă  ce jour dans l’immense univers ?

Nous voilà devenus l’espùce de tous les records :

  • la plus prĂ©datrice d’entre toutes
  • la premiĂšre cause de changement climatique
  • la premiĂšre force gĂ©ologique capable de façonner la croĂ»te terrestre, davantage que la tectonique des plaques et autres Ă©ruptions volcaniques

Peut-on vraiment s’enorgueillir de tels exploits ?

Loin de nous l’idĂ©e de vouloir plomber le moral de quiconque, pourtant il semble inĂ©vitable de partir d’un constat commun avant de pouvoir esquisser la possibilitĂ© d’un autre rapport au monde. Alors faisons vite.

Par quoi commencer ? Les insectes ? Cette part du monde sauvage mal-aimĂ©e, si grouillante qu’elle semble aussi rĂ©pugnante qu’inextinguible ? 80% d’entre eux ont disparus d’Europe ces 30 derniĂšres annĂ©es. On annonce leur extinction possible pour la fin du siĂšcle. À quoi s’attendre quand on bĂ©tonne des zones humides et qu’on retire toute fleur sauvage des champs de blĂ© Ă  coups de glyphosate ? Pas d’adventices, pas d’insectes.
Les oiseaux ? Un tiers d’entre eux, envolĂ©s, rien qu’en Europe, ces 20 derniĂšres annĂ©es. Pas d’insectes, pas d’oiseaux. En l’absence d’espaces sauvages, le silence des campagnes.
Tout va-t-il mieux en dehors de l’Europe ? MammifĂšres, poissons, amphibiens, reptiles
 le nombre d’animaux sauvages a chutĂ© de 60 % depuis les annĂ©es 1970 Ă  l’échelle de la planĂšte. D’ici 2100, entre 40 et 70% des espĂšces actuellement connues auront disparu. Et ce chiffre si incroyable que l’on pourrait d’abord croire Ă  une faute de frappe en en prenant connaissance : la part du poids des animaux sauvages dans la biomasse totale des vertĂ©brĂ©s vivant sur terre ne reprĂ©sente plus que 4%. Vous avez bien lu. Il y a 10 000 ans Ă  peine, ils reprĂ©sentaient 99% et l’HumanitĂ© seulement 1%. Si nous pesons aujourd’hui 36% dans la balance de la biomasse des vertĂ©brĂ©s terrestres, nous croulons sous le poids de notre bĂ©tail : 60%. Cruelle illustration de l’écrasante victoire du domestique sur le sauvage dans le monde animal.

Si, Ă  premiĂšre vue, l’empathie pour nos cousins animaux est plus lĂ©gitime, n’ oublions pas que l’hubris de notre espĂšce pĂšse tout autant sur le rĂšgne vĂ©gĂ©tal.
Certes, tant que nous voudrons respirer, nous tolĂ©rerons les plantes. Mais en leur distribuant bons et mauvais points. Bonnes et mauvaises herbes. D’autant qu’une bonne plante peut ĂȘtre rendue meilleure encore si, Ă  l’instar des animaux domestiquĂ©s, la gĂ©nĂ©tique lui vient en aide. LĂ  encore, le sauvage effraie. Sa diversitĂ© terrifie. Monocultures et sylvicultures sont Ă  l’agriculture ce que Le Corbusier est Ă  l’architecture : un fascisme niant le caractĂšre spontanĂ© et alĂ©atoire de la vie.
On nous dira que la planĂšte est plus verte aujourd’hui qu’il y a 20 ans. C’est confondre quantitĂ© et qualitĂ©. Tout ce qui prĂ©-existe Ă  la volontĂ© humaine fait peur et doit ĂȘtre remplacĂ© par un simulacre de naturalitĂ© LecorbusiannisĂ©e. Exit les forĂȘts anciennes, sous prĂ©texte fallacieux que les jeunes forĂȘts sĂ©questreraient davantage de carbone ! Adieu le poumon vert de la planĂšte, depuis qu’un prĂ©sident d’extrĂȘme-droite brĂ©silien a taxĂ© la forĂȘt amazonienne de « territoire improductif et dĂ©sertique [qui] gagnerait grandement Ă  ĂȘtre intĂ©grĂ© au systĂšme Ă©conomique national ».
Bonjour les plantes d’intĂ©rieur et les espaces verts !
Au fond, malgrĂ© les bienfaits d’un parc urbain sur notre niveau de sĂ©rotonine, il ne s’agit lĂ  que de nature anthropisĂ©e, d’un arbre centenaire entourĂ© d’arbustes sĂ©lectionnĂ©s pour satisfaire aux critĂšres esthĂ©tiques de l’époque – des miettes, une nature humiliĂ©e. La forĂȘt vaudrait-elle mieux ? On y a dessinĂ© des circuits que nous empruntons pour nous rĂ©jouir de cette nature de carte postale et ne pas tourner la tĂȘte vers des hectares entiers de coupes Ă  blanc qui demain seront Ă  nouveau des champs d’arbres plantĂ©s en rang d’oignon, mĂȘme essence, mĂȘme Ăąge. ZĂ©ro diversitĂ©. ZĂ©ro beautĂ©. Se satisfaire de cette nature amĂ©nagĂ©e pour les loisirs, ce serait un peu comme se contenter de complĂ©ments alimentaires en guise de repas : tous les besoins nutritifs sont lĂ , mais manque l’essentiel – la saveur.

Or nous ne voulons pas nous satisfaire d’une illusion de nature. Nous rĂȘvons de son caractĂšre spontanĂ©, hors de contrĂŽle, savoir que nous avons Ă  faire lĂ  Ă  une force qui nous dĂ©passe, quand bien mĂȘme le rĂ©sultat ne nous mettrait pas Ă  l’aise : marĂ©cages, broussailles, forĂȘts sombres


Le parc, c’est l’anxiolytique. La friche, la porte d’entrĂ©e vers un sentiment ocĂ©anique et une rĂ©sonance « immensifiante ».

Quels humains deviendrions-nous si nous achevions de faire le monde Ă  notre image sans plus avoir accĂšs Ă  l’expĂ©rience de l’inconnu et de l’altĂ©ritĂ© ?

Alors que faire ? Rien.
Avec le temps, nous avons dĂ©veloppĂ© l’intime conviction que la meilleure des solutions est aussi simple dans les faits que difficile Ă  accepter par notre culture : la voie sauvage comme chemin ; le non-agir pour boussole.

Si nous disons que cette solution est aujourd’hui difficile Ă  accepter, c’est parce que notre culture vit dans l’illusion qu’à chaque problĂšme rencontrĂ© correspond une solution adĂ©quate qui reste Ă  inventer. Et peu importe que cette solution engendre de nouveaux problĂšmes puisqu’ils seront l’occasion d’imaginer de nouvelles solutions.
Cette illusion est soit le fruit de l’orgueil – “nous nous sentons exister quand nous avons l’impression de contrĂŽler la situation, et voyons dans tout dĂ©sĂ©quilibre l’occasion de prouver notre supĂ©rioritĂ© Ă  reprendre le contrĂŽle” – soit celui de la culpabilitĂ© – “nous avons tellement causĂ© de dĂ©gĂąts que nous ne pouvons pas ne pas rĂ©parer”.

Toutes les idĂ©es, des plus sĂ©rieuses aux plus farfelues, occupent en ce moment mĂȘme les cerveaux de millions d’ingĂ©nieurs en quĂȘte d’un progrĂšs durable sur le front du changement climatique et de l’érosion de la biodiversitĂ© : recrĂ©ation d’espĂšces disparues, gĂ©o-ingĂ©nierie, transhumanisme


Or nous parlons lĂ  de problĂšmes globaux, donc de tailles qui n’ont jamais eu Ă  ĂȘtre traitĂ©es jusque lĂ  et qu’aucun laboratoire ne peut accueillir en son sein sauf Ă  penser qu’un gros problĂšme se traite avec les mĂȘmes solutions qu’un petit – en multipliant la taille des solutions proportionnellement Ă  celle des problĂšmes.
La taille des problĂšmes en dit en fait plus long sur celle des ego qui cherchent Ă  les traiter que sur celles des solutions Ă  trouver. Expliquons-nous : la taille de l’intervention crĂ©e des diffĂ©rences qualitatives et pas seulement quantitatives. En doublant sans cesse les quantitĂ©s de la recette, vous ne pouvez pas vous attendre Ă  obtenir le mĂȘme gĂąteau en plus gros. Une brise est diffĂ©rente d’un ouragan ; un ruisseau d’une inondation. À mesure qu’elle grossit, une organisation acquiert de nouvelles propriĂ©tĂ©s, plus de complexitĂ© et de difficultĂ©s. Et les systĂšmes complexes, peu importe leur taille, ne peuvent pas ĂȘtre gĂ©rĂ©s par un contrĂŽle imposĂ©. Les systĂšmes complexes se rĂ©gulent d’eux-mĂȘmes, par un besoin de cohĂ©rence et non de coercition. Prenons un exemple…
Dans les annĂ©es 90, lorsque le trou dans la couche d’ozone, crĂ©Ă© par une libĂ©ration excessive de produits de synthĂšse dans l’atmosphĂšre, est devenu un enjeu sanitaire majeur pour la planĂšte, la solution n’a pas Ă©tĂ© de recoudre ou reboucher le trou. En 1994, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©, au niveau international, d’arrĂȘter de produire des CFC (chlorofluorocarbures), pour Ă©viter que le trou ne s’agrandisse. Retirer de l’équation l’action en cause. Non-agir.
Qu’a-t-on observĂ© depuis ? Que le rythme d’agrandissement du trou dans la couche d’ozone a baissĂ©, avant de se stabiliser, puis de se rĂ©sorber de lui-mĂȘme, et ce, plus vite encore que ne l’avaient prĂ©dit les scientifiques. VoilĂ  ce que peuvent le sauvage et le non-agir Ă  l’échelle de la planĂšte. Mais qu’en est-il de l’échelon local, celui de l’écosystĂšme ?
De rĂ©centes Ă©tudes [Jones HP et al. 2018 Restoration and repair of Earth’s damaged ecosystems. Proc. R. Soc. B 285: 20172577] ont comparĂ© les rĂ©sultats de deux mĂ©thodes de restauration Ă©cologique d’écosystĂšmes dĂ©gradĂ©s : d’un cĂŽtĂ©, des interventions humaines pour ramener un milieu vers un Ă©tat de rĂ©fĂ©rence prĂ©-perturbation ; de l’autre, une restauration passive, c’est-Ă -dire laisser faire la nature et la succession Ă©cologique pour cautĂ©riser. Les rĂ©sultats montrent que le sauvage fait aussi rapide et aussi bien, sinon mieux, qu’une intervention anthropique, et qu’en cas de rĂ©sultats comparables, on a dans un cas d’immenses sommes d’argent dĂ©pensĂ©es et dans l’autre une gratuitĂ© totale des services Ă©cosystĂ©miques.

À mesure que la science se penche sur ce que fait la nature quand les humains retiennent leur volontĂ© de contrĂŽle, la liste des bienfaits de la naturalitĂ© ne cesse de s’allonger.

Dans ce cas, qu’aurions-nous Ă  perdre, sinon une fiertĂ© mal placĂ©e, Ă  tenter l’intentĂ© : reculer d’un pas et observer la vie se mettre en scĂšne elle-mĂȘme selon ses propres nĂ©cessitĂ©s ? Et travailler sur nous-mĂȘmes pour ĂȘtre les meilleurs acteurs possibles, au service de l’histoire du Vivant, et non en quĂȘte du premier rĂŽle ?

VoilĂ  donc l’essentiel du propos de la Voie Sauvage : le passage d’un rapport de domestication du monde Ă  un processus de rĂ©ensauvagement est la clĂ© d’un Ă©panouissement durable de l’humanitĂ© et des millions d’autres espĂšces connues ou encore inconnues Ă  ce jour.
Bien sĂ»r, le propos n’est pas neuf : “Le salut du monde rĂ©side dans l’état sauvage”, disait dĂ©jĂ  Thoreau il y a 150 ans. ForcĂ© de constater qu’il n’a pas Ă©tĂ© entendu. Alors comment faire en sorte que l’idĂ©e du sauvage comme voie Ă  suivre puisse aujourd’hui prendre racine ?

En structurant l’idĂ©e du rĂ©ensauvagement : 1/ en la dotant d’une dĂ©finition claire et 2/ en proposant une mĂ©thode d’appropriation, pas Ă  pas – de l’individu au collectif, de la connaissance Ă  l’action.
En effet, pour convaincre, nous devons avant tout doter la notion de sauvage d’une dĂ©finition Ă  mĂȘme de lever les fantasmes de menaces qu’elle vĂ©hicule lorsque ses contours restent flous.
Si cela peut suffire Ă  rassurer sur le plan thĂ©orique, rien ne pourra en revanche remplacer la pratique pour incarner la part sauvage du monde et la faire entrer dans nos vies. Ce processus de rĂ©ensauvagement, devenu contre-intuitif, noyĂ© sous les couches de vernis de l’anthropocentrisme, ne peut alors s’imaginer qu’en suivant une mĂ©thode progressive, sous peine d’éveiller un rejet immĂ©diat de la sociĂ©tĂ© et de renforcer ses mĂ©canismes de dĂ©fense contre le lĂącher-prise.
C’est Ă  cette dĂ©finition et au cadrage de cette mĂ©thode que nous vous invitons Ă  prĂ©sent.

POUR UNE DÉFINITION DU SAUVAGE

Étymologiquement, est sauvage celui qui habite la forĂȘt (silva, en latin). Historiquement, les humains ont donc Ă©tĂ© des sauvages, puisque cette forĂȘt nous a si longtemps servi 1/ de refuge et 2/ de subsistance.
1/ Ce refuge a par la suite été trouvé derriÚre les murs des villes. Des murs marquant une séparation entre nature et culture. Des villes devenues le symbole de la civilisation.
2/ Notre subsistance faite de cueillette et de glanage a peu Ă  peu Ă©tĂ© remplacĂ©e par l’agriculture Ă  mesure que nous dĂ©frichions la forĂȘt pour y installer des champs et nous sĂ©dentariser.

Nous n’avons donc cessĂ© de faire reculer la forĂȘt, nous retranchant derriĂšre des murs, et installant une zone-tampon entre elle et nous appelĂ©e campagne.

DĂšs lors, le sauvage est devenu celui qui vit hors des murs de la culture, qui n’est pas civilisĂ©, celui qui marque la frontiĂšre entre l’humanitĂ© et l’animalitĂ©.

On connaĂźt les histoires (parfois vraies) de ces enfants sauvages trouvĂ©s en forĂȘt, nus, sales, poussant des grognements, puis Ă©duquĂ©s pour retrouver le chemin de la civilisation.

Dans l’imaginaire commun, le sauvage sert donc de repoussoir. Il est forcĂ©ment pĂ©joratif. On ne doit lui trouver que des dĂ©fauts, ou en tout cas une incomplĂ©tude, sans quoi il amĂšnerait Ă  s’interroger sur le bien-fondĂ© de la civilisation comme point cardinal de l’Histoire. Il n’y a qu’Ă  voir comment l’extrĂȘme-droite s’est emparĂ© et a popularisĂ© le terme d’ensauvagement pour Ă©voquer la montĂ©e des violences et de la dĂ©linquance dans certains quartiers.

Pourtant, il nous semble que le sauvage a droit Ă  une dĂ©finition bien plus claire et positive, un cadre qui viendrait le valoriser lĂ  oĂč on le voit plus, et le dissocier une fois pour toutes de la notion de barbarie.

Et soudain, au loin, l’ours majestueux…

Chat sauvage. Plante sauvage. Vie sauvage. Nature sauvage. Et si le “sauvage” n’était rien d’autre que ce qui n’a pas Ă©tĂ© domestiquĂ©, c’est-Ă -dire qui Ă©chappe Ă  la volontĂ© humaine ? Partant de lĂ , et si la nature Ă©tait tout aussi sauvage dans une forĂȘt primaire que dans une friche urbaine ? Et si le pissenlit poussant entre deux pavĂ©s d’une rue parisienne Ă©tait plus sauvage qu’une plantation d’arbres en rang d’oignons vouĂ©e Ă  l’exploitation ? Et la fourmi plus que le lion qui tourne en rond dans la cage du zoo ?

Sauvage pourrait donc se définir par opposition à son contraire : domestiqué.

L’histoire de nos sociĂ©tĂ©s n’est-elle pas un long processus de domestication ? De plantes et d’animaux. La carotte devint charnue et orange, la banane sans pĂ©pins, le loup devint chien et l’aurochs, vache.

Partant de lĂ , plantes et animaux ne sont pas les seuls Ă  avoir Ă©tĂ© domestiquĂ©s par notre espĂšce. La grande majoritĂ© des humains vivant sur la planĂšte s’est elle-mĂȘme domestiquĂ©e au cours du long processus de civilisation(s).

« J’ai trouvĂ© le chaĂźnon manquant entre le singe et l’Homme : c’est nous ! », disait Konrad Lorenz, le pĂšre de l’éthologie. Quelle belle provocation pour affirmer que nous ne sommes pas aussi Ă©voluĂ© que nous le croyons. Pire : que nous avons trĂšs certainement rĂ©gressĂ© de notre plein potentiel. En effet, il note que si l’Ă©volution de l’homme depuis un million d’annĂ©es fut propulsĂ©e par l’ajout gĂ©nĂ©tique d’instincts typiquement humains, celle de l’homme civilisĂ© depuis dix mille ans est caractĂ©risĂ©e par une dĂ©gĂ©nĂ©rescence gĂ©nĂ©tique. Cela serait dĂ», selon lui, au fait que, nous soustrayant Ă  la sĂ©lection naturelle exercĂ©e par un environnement sauvage, la civilisation opĂšre une sĂ©lection sociale basĂ©e sur ses propres critĂšres, des critĂšres correspondant aux conditions de sa propre perpĂ©tuation. Pour illustrer sa thĂ©orie, Lorenz souligne que les animaux domestiquĂ©s se caractĂ©risent souvent par :

  • des problĂšmes alimentaires et un manque de contrĂŽle des mĂ©canismes de l’appĂ©tit pouvant entraĂźner l’obĂ©sitĂ© ;
  • des problĂšmes de rĂ©gulation de la sexualitĂ© et une hypersexualisation ;
  • une rĂ©gression infantile des individus, les adultes se comportant comme des individus immatures (dĂ©pendance parentale et activitĂ© ludique).

Ne pouvons-nous voir là le reflet de la trajectoire prise par notre société ?

Il y aurait donc des humains domestiqués et des humains, certes peu nombreux, encore sauvages. Sans que cela soit une insulte ni ne représente un danger pour qui que ce soit.

Ce n’est pas un gros mot que de vouloir “se rĂ©ensauvager”. Il s’agit simplement de faire la paix avec l’idĂ©e que nous sommes des animaux, de grands singes, et qu’à ce titre, nos gĂšnes nous dĂ©finissent d’une façon que l’environnement que nous nous sommes bĂątis tente de nier. Nos cerveaux sont restĂ©s les mĂȘmes depuis la PrĂ©histoire, et les Ă©tudes sur l’impact de la nature sur notre bien-ĂȘtre le prouvent : nous ne parvenons pas Ă  suivre le rythme de notre propre artificialisation.
À l’heure oĂč certains parlent de palier au problĂšme en nous rĂȘvant transhumains, ou humains augmentĂ©s – plus artificiels pour s’adapter Ă  un monde abĂźmĂ© -, prenons conscience, au contraire, qu’il est urgent de redevenir pleinement humain. D’aiguiser de nouveau nos sens, Ă©moussĂ©s par une dĂ©lĂ©gation de notre rapport au monde Ă  la technologie. De faire du face-Ă -face, du dialogue et de l’empathie les liens de nos vrais rĂ©seaux sociaux. N’ayons pas peur de cette part de sauvage que nous sentons en nous dans un monde globalisĂ© qui nous prĂ©fĂ©rerait uniformes et domestiquĂ©s Ă  l’extrĂȘme.

De mĂȘme, ce n’est nullement une menace que de vouloir un monde “rĂ©ensauvagĂ©â€. C’est au contraire souhaiter un monde en paix. C’est appeler de nos vƓux un monde dans lequel le spontanĂ© vient contrebalancer les excĂšs par lesquels la main mise de l’Homme – sur tout, partout – a plongĂ© notre planĂšte dans un dĂ©sĂ©quilibre profond. C’est accepter d’habiter cette planĂšte en voisin et non en propriĂ©taire. C’est souhaiter, non pas la fin des villes, mais seulement du tout minĂ©ral, et laisser une part Ă  l’imprĂ©vu. C’est apprĂ©cier que la vie soit plus riche de toutes ses diffĂ©rences. C’est nous sentir partie intĂ©grante d’une communautĂ© bien plus large que l’HumanitĂ© et apprĂ©cier l’interdĂ©pendance de toutes les espĂšces comme un merveilleux filet de sĂ©curitĂ© qui, en cas de chute, nous permet de rebondir jusqu’aux Ă©toiles.

À l’heure oĂč la civilisation pourrait devenir synonyme d’une barbarie insidieuse, il n’est que temps de rĂ©inviter le sauvage dans nos vie pour retrouver le chemin d’une humanitĂ© et d’un monde durables.

LE TRIANGLE DES 3 ESP- : ESPECES-ESPACES-ESPRITS

ESPÈCES

Comment s’assurer de la prĂ©sence du sauvage autour de nous ? La mĂ©thode la plus Ă©vidente aujourd’hui consiste Ă  compter le nombre d’espĂšces prĂ©sentes sur un territoire donnĂ© et de relations entre elles pour vĂ©rifier la bonne santĂ© de la biodiversitĂ© locale. Nous avons vu plus haut que tous les voyants sont malheureusement au rouge avec des diminutions drastiques des populations d’espĂšces sauvages, pouvant aller jusqu’Ă  l’extinction desdites espĂšces.

Une autre mĂ©thode consiste Ă  observer le ratio entre espĂšces sauvages et et espĂšces domestiques vivant sur un mĂȘme territoire. L’image suivante traduit parfaitement le dĂ©sĂ©quilibre que nous avons engendrĂ© avec la rĂ©volution nĂ©olithique et l’Ă©levage d’animaux qui a accompagnĂ© l’expansion de l’agriculture.

Ratio mammifÚres vertébrés terrestres sauvages/domestiqués

DĂšs lors que l’on prend conscience des cette disproportion alarmante, comment concevoir un rĂ©Ă©quilibrage pour laisser plus de place au sauvage ? PrĂ©cisĂ©ment en lui laissant plus de place…

ESPACES

Car qui dit espĂšces sauvages, dit habitat et nourriture nĂ©cessaires, autrement dit : espaces sauvages. Impossible d’imaginer le tissage d’un rĂ©seau d’espĂšces sauvages sans qu’elles ne s’appuient sur des espaces Ă  forte naturalitĂ©.

Or, entre 1993 et 2009, 3,3 millions de kilomĂštres carrĂ©s – soit la surface de l’Inde – ont perdu leur caractĂšre sauvage, selon une Ă©tude publiĂ©e en 2018 dans la revue scientifique « Nature » par des chercheurs de l’universitĂ© du Queensland (Australie). Les espaces sauvages ne reprĂ©sentent plus que 23 % de la surface terrestre (hors Antarctique). C’Ă©tait 85 %, il y a un siĂšcle. En cause : l’Ă©talement urbain, la dĂ©forestation, l’exploitation agricole et les premiers effets du rĂ©chauffement climatique. 
 
Selon une Ă©tude parue dans « Nature », il ne reste plus que 23 % de surfaces Ă©mergĂ©es intactes sur Terre (en bleu foncĂ©). 

James E. M. Watson, James R. Allan/Nature

Ce sont ces espaces qu’il nous faut inviter Ă  se dĂ©velopper, Ă  toutes les Ă©chelles, si nous souhaitons voir revenir des espĂšces pour un temps disparues d’un territoire donnĂ©. Bien sĂ»r, ces espaces ne peuvent fonctionner s’ils sont mis sous cloche, et c’est aussi la connexion entre eux qu’il conviendra de favoriser. Favorisons un rĂ©seau d’habitats reliĂ©s les uns aux autres pour que le sauvage revienne, Ă  des Ă©chelles de temps plus courtes que ce que l’on aurait pu imaginer.

ESPRITS

Seulement, comment garantir la pĂ©rennitĂ© de ces espaces, compte tenu de la tendance de notre espĂšce Ă  vouloir domestiquer toute nature ? Posons l’hypothĂšse suivante : seuls des esprits sauvages sont Ă  mĂȘme d’accueillir un monde sauvage avec joie et de cohabiter sans se sentir menacĂ© au point de vouloir en reprendre le contrĂŽle. Un monde qui craint les processus sauvages ne peut que les combattre et, de lĂ , s’artificialiser. C’est bien parce que nous sommes aujourd’hui domestiquĂ©s que nous refusons au monde ce Ă  quoi nous n’avons plus accĂšs, la spontanĂ©itĂ©, et c’est pourquoi nous pensons qu’espĂšces et espaces sauvages ne peuvent revenir durablement qu’en travaillant conjointement Ă  un « rĂ©ensauvagement » des esprits, c’est-Ă -dire Ă  une meilleure connaissance des processus naturels – en nous et en dehors de nous – pour mieux les accepter, les respecter, les favoriser…

Nous voyons donc que la Voie Sauvage s’inscrit dans un pĂ©rimĂštre dĂ©finis par 3 piliers qui se soutiennent les uns les autres.

Comment, dĂšs lors, passer d’une vision systĂ©mique du sauvage Ă  une dĂ©marche de rĂ©appropriation progressive ?

En fonction de votre degrĂ© de familiaritĂ© avec le sauvage, nous vous proposons d’en arpenter le chemin en 3 Ă©tapes successives et complĂ©mentaires :
1/ Aller Ă  la rencontre du sauvage
2/ Retrouver le sauvage en soi
3/ Inviter le sauvage autour de soi

UNE MÉTHODE POUR SUIVRE LA VOIE SAUVAGE EN 3 ÉTAPES

1/ ALLER À LA RENCONTRE DU SAUVAGE
Pour rĂ©ussir un processus de rĂ©ensauvagement, nous croyons fermement que le premier pas Ă  faire doit ĂȘtre tournĂ© vers l’extĂ©rieur, c’est-Ă -dire ĂȘtre une dĂ©marche volontaire pour aller “à la rencontre de”. Bien qu’il soit omniprĂ©sent, tapi dans les recoins de la civilisation tout autour de nous, le sauvage ne commence Ă  se rĂ©vĂ©ler que si on le cherche. Et par oĂč commencer sinon lĂ  oĂč nous avons le plus de certitudes de le trouver ?
L’idĂ©ologie de notre sociĂ©tĂ© maintient l’idĂ©e d’une sĂ©paration d’avec la nature. De fait, celle-ci a Ă©tĂ© repoussĂ©e hors des villes, ou bien n’y subsiste que lĂ  oĂč l’on a pu la valoriser Ă©conomiquement, sous une forme contrĂŽlĂ©e. Ce mĂȘme contrĂŽle est devenu la norme dans nos campagnes. Il subsiste nĂ©anmoins des Ă©cosystĂšmes en bonne santĂ© Ă©cologique, si l’on sait oĂč chercher.

C’est lĂ -bas, dans les forĂȘts, dans les montagnes, dans les rĂ©serves naturelles et autres espaces naturels sensibles que subsiste les interactions non-humaines les plus prĂ©servĂ©es possibles. Il nous revient donc de faire le premier pas, de sortir de notre zone de confort pour puiser notre reconnexion au sauvage au plus prĂšs de la source. Y dĂ©velopper un savoir naturaliste. Se confronter Ă  l’altĂ©ritĂ© pour ne plus se sentir sĂ©parĂ© de la toile du vivant.
Par la suite, il deviendra plus facile de repĂ©rer au sein mĂȘme de notre sociĂ©tĂ© les germes du sauvage toujours prĂȘt Ă  reprendre ses droits dĂšs qu’on lui en laisse le temps et l’espace.

2/ RETROUVER LE SAUVAGE EN SOI

Les Ă©tudes sont claires : notre cerveau n’a pas Ă©voluĂ© et est restĂ© le mĂȘme depuis nos ancĂȘtres chasseurs-cueilleurs. Nous voilĂ  face Ă  l’Ă©trange paradoxe d’un monde de plus en plus artificiel que nous avons façonnĂ© et dans lequel, pourtant, notre cerveau ne se reconnaĂźt pas. En effet, une Ă©tude dĂ©montre ce qu’elle appelle « la thĂ©orie du bonheur dans la savane », Ă  savoir que, de tous les habitats, celui dans lequel nous pensons pouvoir ĂȘtre le plus heureux est un paysage aux caractĂ©ristiques correspondant Ă  la savane dans laquelle nos lointains ancĂȘtres ont Ă©voluĂ©, c’est-Ă -dire les caractĂ©ristiques favorisant notre survie : des arbres pour assurer ombre, repos et nourriture, la prĂ©sence d’eau Ă  proximitĂ© immĂ©diate, des Ă©tendues assez vastes pour pouvoir voir un potentiel ennemi arriver au loin et si possible un promontoire pour se protĂ©ger. On voit lĂ  que les villes que nous nous sommes bĂąties ne peuvent satisfaire les besoins primaires de notre cerveau.

La bonne nouvelle est qu’il n’y a qu’une fine couche de vernis Ă  gratter pour retrouver l’humain originaire qui sommeille en nous. Par oĂč commencer ? Sans doute par la rĂ©activation de nos sens, simplement engourdis par nos modes de vie modernes, mais vĂ©ritables vecteurs d’une reconnexion Ă  ce pour quoi nos corps ont Ă©tĂ© façonnĂ©s : un rapport au monde sensible et sophistiquĂ© faits de stimuli riches de sens. Un dĂ©tour par l’Ă©copsychologie et la comprĂ©hension de nos Ă©motions nous permettra Ă©galement de comprendre en quoi la sĂ©paration entre notre intĂ©rioritĂ© et notre environnement naturel est fine, voire inexistante. L’acquisition de quelques compĂ©tences d’autonomie dites de « survie douce » nous donnera pleinement confiance en notre capacitĂ© de nous sentir pleinement chez nous en nature sauvage. Enfin, un regard historique sur le processus civilisationnel nous permettra de mettre en lumiĂšre la maniĂšre dont nous nous sommes auto-domestiquĂ© en mĂȘme temps que nous avons cru pouvoir domestiquer tout le Vivant autour de nous. En dĂ©construisant nos croyances quant aux bienfaits d’un monde intĂ©gralement maĂźtrisĂ©, nous pourrons dĂšs lors imaginer un nouveau rapport au Vivant et dessiner les contours d’une sociĂ©tĂ© qui ferait davantage de place au sauvage.

3/ INVITER LE SAUVAGE AUTOUR DE SOI

AprĂšs avoir retrouvĂ© la part sauvage du monde, Ă  l’extĂ©rieur et Ă  l’intĂ©rieur de nous, et si tant est que l’on en ait retirĂ© des bienfaits, alors restera Ă  pousser la logique jusqu’au bout en permettant au sauvage de retrouver sa place dans notre environnement immĂ©diat. Bien sĂ»r, il ne s’agira pas de viser trop haut en rĂ©introduisant ours, bisons et castors dans la citĂ©, mais bien de voir le moindre interstice entre deux pavĂ©s, le moindre balcon, le moindre jardin comme la merveilleuse occasion de favoriser l’Ă©lan spontanĂ© du Vivant. Il s’agira d’apprendre Ă  laisser vivre et Ă  dialoguer pour que besoins humains et non-humains cohabitent en bonne intelligence. Pour ce faire, au-delĂ  de technique de renaturation, nous aborderons les notions et stratĂ©gies de « diplomatie du vivant » pour se faire l’intermĂ©diaire entre deux mondes : celui du sauvage et de la domestication. Edward O. Wilson appelait de ses vƓux un monde qui consacrerait 50% de la planĂšte aux espĂšces sauvages. Compte tenu de notre impact et de notre dĂ©mographie, cela ne pourra se rĂ©aliser sans apprendre Ă  accueillir et encourager la prĂ©sence de faune et de flore sauvage dans nos lieux de vie. Tout rĂ©ensauvagement sur la plus petite des parcelles est un acte politique au service du Vivant dans sa globalitĂ©. Par nos regards transformĂ©s par la cohabitation, alors seulement aurons-nous une chance de laisser aux gĂ©nĂ©rations futures l’opportunitĂ© de paysages traversĂ©s par de grands troupeaux d’herbivores faisant trembler la terre et la symphonie de d’orchestres d’oiseaux et d’insectes conjurant Ă  jamais la prĂ©diction de printemps silencieux…

QUI SOMMES-NOUS ?

Anthony Foussard

  • Gestionnaire d’espaces naturels
  • Animateur nature
  • Écophilosophe
  • Formateur et gĂ©rant de CanopĂ©e

Amoureux de nature depuis toujours, c’est en 2015 que j’ai contribuĂ© Ă  crĂ©er une association pour la protection de l’environnement dĂ©nommĂ©e Connected by Nature et qui, comme son l’indique, prĂŽnait dĂ©jĂ  l’idĂ©e que, dĂ©connectĂ©s de notre vĂ©ritable nature (dans tous les sens du terme), nous devions travailler Ă  plus de reliance – Ă  soi, aux autres, et Ă  la nature.

En 2018, aprĂšs des Ă©tudes de gestion des espaces naturels et d’animation nature, je suis devenu gĂ©rant de l’organisme de formation et bureau d’Ă©tude CanopĂ©e pour Ɠuvrer au service d’une reconnexion au Vivant, que ce soit en accompagnant des particuliers dĂ©sireux de dĂ©velopper leur autonomie et de restaurer la biodiversitĂ©, des professionnels du soin et du milieu social pour faire profiter des bienfaits de la nature Ă  des publics qui en sont trop souvent Ă©loignĂ©s, ou des Ă©lus pour travailler Ă  la transition Ă©cologique de leurs collectivitĂ©s.

Par ailleurs, passionnĂ© de philosophie, c’est en croisant les approches des sciences naturalistes et de l’Ă©thique environnementale que j’en suis venu Ă  dĂ©velopper la conviction que le sauvage Ă©tait la clĂ© d’une Ă©cologie radicale qui viendrait autant contrer nos capacitĂ©s de nuisances Ă  l’Ă©gard du Vivant que redonner du sens Ă  nos vies dans des sociĂ©tĂ©s qui en manquent cruellement. Entre la 6Ăšme extinction de masse du Vivant et la protection de l’environnement prĂŽnĂ©e par le dĂ©veloppement durable, je suis persuadĂ© qu’existe une troisiĂšme voie encore peu populaire, et Ă  laquelle nous n’avons pas donnĂ© la chance qu’elle mĂ©rite : la voie sauvage.

C’est au dĂ©veloppement de cette approche et Ă  ses applications concrĂštes que je souhaite Ă  prĂ©sent me consacrer. Pour ce faire, j’ai la chance de pouvoir collaborer selon les sujets avec des experts passionnĂ©s : botanistes, paysagistes, permaculteurs, anthropologues, spĂ©cialistes de l’autonomie… Nous avons hĂąte de vous rencontrer et de pouvoir collaborer pour Ɠuvrer ensemble au rĂ©ensauvagement du monde, en commençant ici et maintenant, Ă  notre Ă©chelle, avant de relier nos efforts pour un avenir durable.

Arthur Matteudi – Anthropologue

En questionnement sur les expĂ©riences et les pratiques chamaniques depuis plus de dix ans, Arthur est passĂ© par un long processus initiatique Ă  la fois dans les mondes chamaniques et Ă  l’universitĂ© Ă  travers des Ă©tudes d’anthropologie. Titulaire d’un Master de l’UniversitĂ© d’Aix-Marseille avec un mĂ©moire sur les nouvelles pratiques chamaniques, Arthur est aujourd’hui en train de finaliser la rĂ©daction de son livre « Ombres et lumiĂšres des Ă©tats de consciences non-ordinaires« , grĂące auquel il souhaite ouvrir une 3Ăšme voie, entre chamanisme traditionnel et courant new age.

HĂ©lĂšne Lion – Permacultrice et animatrice nature

Un diplĂŽme d’ingĂ©nieur en poche et un master en dĂ©veloppement durable, HĂ©lĂšne a d’abord travaillĂ© dans l’industrie, avec l’envie de « changer les choses de l’intĂ©rieur ». Elle a dĂ©couvert le monde de l’entreprise et du management, ses challenges et ses limites.
AprĂšs 10 ans dans ce milieu, elle a aspirĂ© Ă  autre chose. HĂ©lĂšne s’est alors formĂ©e Ă  la permaculture et au coaching et a crĂ©Ă© son entreprise d’accompagnement Ă  la transition.

C’est avec la farouche volontĂ© d’accorder sa place Ă  tous les ĂȘtres vivants qu’HĂ©lĂšne conseille aujourd’hui collectivitĂ©s et entreprises pour accueillir le maximum de biodiversitĂ©, et aider chacun Ă  renouer avec ses instincts au cours d’initiation Ă  la survie douce ou aux pratiques de reconnexion sensorielle Ă  la nature.

François ThĂ©venon – Botaniste et mycologue

Cuisinier tout-terrain, François a, dÚs son plus jeune ùge, été initié à la gastronomie et aux cueillettes sauvages par sa grand-mÚre.

Quelques plantes que la grand-mĂšre de sa grand-mĂšre rĂ©coltait dĂ©jĂ , des champignons traquĂ©s sous les feuilles mortes, des plantes pour parfumer des apĂ©ritifs, des aromates du jardin
 Il n’en fallait pas plus pour que François ne rĂ©alise l’abondance de la nature comestible et se prenne de passion pour le monde vĂ©gĂ©tal. Il faut dire que c’est une passion toute trouvĂ©e quand on a la chance d’apprendre la botanique autour de Fontainebleau.

Botaniste et mycologue reconnu, François est aujourd’hui “consultant culinaire en gastronomie vĂ©gĂ©tale” et vient de sortir son « Petit guide des champignons » aux Ă©ditions First.

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